Il savait pourtant qu’il lui manquait encore quelque chose.
Durcir le cuir, le maintenir en forme, c’était une étape… mais sans une cire adaptée, tout cela resterait fragile.
Et acheter ces foutus petits pots hors de prix n’avait aucun sens.
Alors, il décida de fabriquer sa cire pour le cuir.
Fabriquer sa cire pour le cuir
La préparation
Sur la table, l’apprenant posa une casserole cabossée, un sac de flocons de cire d’abeille et du saindoux. Pas besoin de plus.
Fonte de la cire et du saindoux
Il mit une part de cire et deux parts de saindoux puis mit le tout à feu moyen fort. La cire se liquéfia lentement, libérant une odeur douce et chaude.

L’apprenant brassa avec une cuillère en bois, patient, jusqu’à ce que la cire et le gras ne fassent plus qu’un.

Le refroidissement
Il retira le chaudron du feu et le posa sur un disque de liège pour ne pas brûler le comptoir. Il le laissa reposer une heure. Le mélange avait alors pris une consistance de beurre tendre.

Il y plongea la cuillère de bois : la texture était aussi tendre que du beurre mou. S’il l’avait trouvée trop dure, il aurait simplement rajouté la graisse animale et recommencée à l’étape de la fonte.

Le cirage du cuir
L’apprenant prit une étamine de cuisine, celle dont on se sert pour la préparation de fromage maison. Il en trouva une qui traina dans un placard et plaça au milieu un léger morceau de cire qu’il enveloppa soigneusement.



Il prit son chapeau et entreprit de faire des mouvements circulaires afin que le cuir absorbe une partie de la cire à la surface. L’apprenant repassa sur ces cercles pour retirer le surplus de cire et venir égaliser en même temps la surface.
Il déposa dans un coin de la pièce son couvre chef et le laissa sécher en place une nuit durant
Le polissage de la pièce
Le lendemain, il prit un vieux chiffon de coton et se mit à polir avec énergie.
La cire chauffa sous la friction, pénétrant les fibres et protégeant la pièce.


👉 En clair, la recette tenait en quatre temps : fondre une part de cire pour deux parts de saindoux, laisser reposer une heure, cirer la pièce et la laisser sécher une nuit, puis polir le lendemain.
Note de l’artisan
Vous l’aurez compris, fabriqué sa cire n’a rien de compliqué.
Une vieille recette que nos anciens faisaient pour protéger leurs équipements du quotidien, que ce soit leur godasse de cuirs ou encore leurs outils.
Car oui, ça peut autant être utilisé pour le cuir, le bois, le métal et même des tissus épais comme le coton ou lin.
C’est l’avantage de ce genre de recette : là où le commerce vous vend trois produits différents, vous n’en fabriquez qu’un… qui fait tout.
Pour cette recette de graisse animale (saindoux) et la cire d’abeille, j’ai utilisé de la blanche presque transparente pour ne pas trop dénaturer la couleur teint sur le cuir.
Une version colorée de la cire, comme l’orange, aurait foncé considérablement l’objet.
La seule règle est de surveiller la texture. Trop dure ? Rajoutez le saindoux Trop mou ? Ajoutez un peu de cire et faites fondre à nouveau sur le feu.
Comprenez bien que cette cire n’a pas vocation à réhydrater un cuir sec en profondeur, mais à l’entretenir, le protéger et prolonger sa durée de vie
