Le lendemain, à la première lueur du jour, il entreprit de mettre de l’ordre dans ses affaires.
Le moment de son départ approchait, il le ressentait de jour en jour.
Au milieu des morceaux de cuir, des aiguilles éparpillées et des outils cabossés, trois bobines se faisaient face dans tout ce bordel.
Il inspira longuement, c’était nécessaire. Il ne pouvait pas tout emporter.
Il était temps pour lui de décider.
Quel fil utiliser pour coudre du cuir
L’une en polyester, sombre et rigide, l’autre en nylon, claire et souple. Quant à la dernière, elle était en lin.
Il les observa un instant, sachant que de ce fil dépendrait la solidité de tout ce qu’il entreprendrait.
Car sans couture fiable, aucun voyage ne va loin.
Polyester
Le polyester, c’était devenu son choix par défaut, mais au bon sens du terme. Il le prenait pour le point sellier, parce qu’il avait l’épaisseur qu’il fallait. L’aiguille passait bien dedans, le fil restait en place.
Il se rappelait cette sensation spéciale au moment où il brûlait les extrémités : une petite boule noire, comme une soudure, venait sceller l’extrémité. Discrète, efficace. Une couture faite avec ça, ça tient des années. Pas pour la vie, non, mais assez longtemps pour oublier quand on l’a faite.
Il avait essayé de casser le fil à la main, une fois. Juste pour voir. Mais à moins de s’appeler monsieur univers, c’était une perte de temps.
Nylon
Le nylon, c’était une autre histoire. Trop souple. Il se souvenait de ce jour où l’aiguille avait glissé de ses doigts en plein point sellier. Le fil tirait dans un sens, l’aiguille dans l’autre, et rien ne restait en place.
Même avec la cire d’abeille, ça aidait un peu, mais ça ne changeait pas la nature du fil. Par contre, il faisait bien le boulot pour de la couture simple : un fil, une aiguille, pas de prise de tête.
Il l’utilisait parfois à l’alêne automatique, pour des petits trucs légers : des étuis, des pochettes souples, ou même du denim.
Ce n’était pas un mauvais fil. Juste un fil qui ne voulait pas se plier aux mêmes règles.
Et le fil de lin ?
Il fixa un instant celle-ci, une vieille bobine de lin qui dormait encore dans son emballage. Il ne l’avait pas encore testée.
Et tant qu’il n’avait rien cousu avec, il ne dirait rien. Il était comme ça : il recommandait que ce qu’il avait vraiment utilisé.
Pour aujourd’hui, la question était réglée. Le fil polyester fut mis de côté, l’aiguille enfilée, et le travail reprit. Le reste, ce serait pour plus tard.
Au final, il prit les trois. On ne savait jamais.
👉 En clair, le choix du fil tenait en trois options :
Prendre du polyester pour les coutures solides au point sellier.
Garder le nylon pour les petits projets légers
et laisser le fil de lin sur l’étagère tant qu’il n’a pas été testé.
🪶 Note de l’artisan
En vrai, je n’ai rien de plus à ajouter cette fois.
Juste que ce genre de choix, c’est souvent ce qui fait la différence entre un objet qui dure et un truc qui lâche au mauvais moment.
À force de coudre, on finit par faire confiance à ce qui tient sans trop chercher à comprendre. Voilà.
